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Outils IA March 28, 2026 8 min de lecture

Les avocats canadiens peuvent-ils utiliser ChatGPT ? La vraie réponse en 2026

Les avocats canadiens peuvent-ils utiliser ChatGPT sans violer la LPRPDE ou le secret professionnel ? Voici la réponse honnête — et quoi faire à la place.

Par Vivek Chakravarthy

Les avocats canadiens peuvent-ils utiliser ChatGPT ? La vraie réponse en 2026

Le problème du secret professionnel de l'avocat

Le secret professionnel de l'avocat est l'une des protections les plus fondamentales du droit canadien. Il protège les communications confidentielles entre un avocat et son client faites dans le but de demander ou de donner un avis juridique. Une fois que des renseignements protégés sont divulgués à un tiers, ce privilège peut être levé — et la protection disparaît.

Lorsqu'un avocat colle des détails sur un client, des faits d'un dossier ou une stratégie juridique dans ChatGPT, il transmet ces renseignements aux systèmes d'OpenAI. OpenAI est une entreprise américaine. Ses serveurs traitent les données. Selon le type de compte, ces données peuvent être conservées et potentiellement utilisées pour entraîner de futurs modèles.

Du point de vue du secret professionnel, il s'agit d'une divulgation à un tiers. Les barreaux du Canada n'ont pas encore publié de directives uniformes sur l'IA, mais les obligations déontologiques existantes en matière de confidentialité sont claires : les avocats doivent prendre des mesures raisonnables pour protéger la confidentialité des renseignements de leurs clients.

L'utilisation d'outils d'IA grand public avec des renseignements protégés de clients ne respecte presque certainement pas la norme des « mesures raisonnables ».

La LPRPDE et le CLOUD Act

Au-delà du secret professionnel, il y a le problème de la LPRPDE. Les renseignements de clients détenus par les avocats constituent des renseignements personnels au sens de la LPRPDE. Le principe de responsabilité de la LPRPDE exige que, lorsque vous transférez des renseignements personnels à un tiers aux fins de traitement, vous demeuriez responsable de la protection de ces données.

Voici la complication : OpenAI, Microsoft et la plupart des grands fournisseurs d'IA américains sont assujettis au CLOUD Act. Cette loi américaine permet aux organismes d'application de la loi américains de contraindre les entreprises américaines à produire des données stockées sur leurs serveurs — peu importe où ces données résident physiquement. Les protections juridiques canadiennes ne s'appliquent pas nécessairement.

Les directives du Barreau de l'Ontario sur la technologie et la confidentialité exigent que les avocats comprennent les risques des technologies qu'ils utilisent. Utiliser un outil assujetti aux demandes d'accès aux données du gouvernement américain pour des affaires confidentielles de clients crée un risque réel et identifiable que la plupart des barreaux prendraient au sérieux.

La réalité pour les avocats seuls et les petits cabinets

Le fardeau pèse le plus lourdement sur les praticiens seuls et les petits cabinets. Les grands cabinets disposent de services informatiques, d'ententes d'entreprise et de conseillers en matière de vie privée. Un praticien seul faisant du droit de la famille ou de la transmission immobilière dans une plus petite ville utilise souvent les outils disponibles.

La réalité est que de nombreux avocats utilisent déjà ChatGPT pour des tâches qu'ils considèrent comme à faible risque : rédiger des formulations standard, faire des recherches sur des principes juridiques généraux, générer de premières versions de documents non propres à un client. C'est probablement défendable si — et seulement si — aucun renseignement permettant d'identifier un client ni aucun fait propre à un dossier n'est inclus.

La limite que les avocats doivent respecter est la suivante : cette requête contient-elle quoi que ce soit qui pourrait identifier mon client ou son affaire ? Si oui, elle ne va pas dans ChatGPT sans quelque chose de plus.

ChatGPT Enterprise c. Microsoft Copilot

Les cabinets juridiques qui explorent les outils d'IA envisagent généralement deux options qui tentent de répondre à la préoccupation en matière de vie privée :

ChatGPT Enterprise offre une entente de traitement des données dans laquelle OpenAI s'engage à ne pas s'entraîner sur vos données. Les données sont tout de même traitées sur des serveurs américains et demeurent assujetties aux considérations du CLOUD Act, mais le risque de conservation et d'entraînement est réduit.

Microsoft Copilot pour Microsoft 365 (anciennement Bing Chat Enterprise) s'intègre à l'écosystème Microsoft 365 que de nombreux cabinets juridiques utilisent déjà. Les ententes d'entreprise de Microsoft comprennent des options de résidence des données et des engagements de sécurité adaptés aux besoins des services professionnels. La résidence des données au Canada est offerte. C'est l'option la plus défendable pour la plupart des cabinets juridiques canadiens.

Aucune des deux options n'élimine entièrement la préoccupation liée au transfert transfrontalier de données aux termes de la LPRPDE, mais toutes deux réduisent considérablement les risques d'entraînement et de conservation qui rendent le ChatGPT grand public particulièrement problématique.

La réponse honnête

Les avocats canadiens peuvent-ils utiliser ChatGPT ? Pour des tâches sans aucun renseignement permettant d'identifier un client — recherche sur des principes juridiques généraux, rédaction de modèles génériques, compréhension des échéanciers procéduraux — probablement oui, avec les précautions appropriées.

Pour tout ce qui touche aux faits d'un client, à la stratégie d'un dossier, aux communications protégées ou aux renseignements personnels identifiables : non, pas sans une entente d'entreprise et une évaluation des risques claire documentée dans vos pratiques de gestion de dossiers.

La voie la plus sûre pour le travail juridique impliquant des données de clients est l'anonymisation avant la saisie dans l'IA. Retirez les noms, les détails permettant l'identification et les faits précis. Présentez à l'IA un problème de type plutôt qu'un problème de client. Obtenez ce dont vous avez besoin. Appliquez-le ensuite à l'affaire réelle dans vos propres systèmes sécurisés.

C'est le flux de travail qui ne crée pas de problème de secret professionnel ni de LPRPDE — parce que l'IA n'a jamais reçu de renseignements protégés ni personnels en premier lieu.

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